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Le community manager vu par certains recruteurs


Comment le community manager est-il perçu par les recruteurs ?


S’il y a bien une question qui est régulièrement occultée, c’est bien celle-là !

Comment mon futur recruteur perçoit-il le community management, comment le connait-il et est-ce que la structure qu’il gère a une maturité dans le digital ?

Si vous êtes déjà passé par un entretien d’embauche, il est possible que vous ayez eu à faire face à ces interrogations. Votre vision du community management est-elle différente de celle de votre éventuel futur employeur ? Beaucoup de chefs d’entreprises ignorent la réelle mission du community manager, et en quoi consiste exactement son métier dans les grandes lignes. Beaucoup se réfèrent à juste titre aux réseaux sociaux, pour observer les pratiques mais aussi les dérives. Si on considère qu’un bad buzz, qu’une mauvaise pratique répétée, ou qu’un écart de langage se retrouve régulièrement à faire la une des billets des blogs, il y a alors un redressement à faire pour se positionner.

On retient hélas plus facilement les erreurs commises par la profession que les points positifs. Le monde du blogging et du community management eux-mêmes aiment à se faire la une des gros clashs, il en va de la petite bévue qui se relayera plus vite qu’une information pertinente et profonde ! pourquoi agir ainsi ? Pourquoi est-ce qu’un community manager n’hésitera pas à relayer ce que son confrère fait mal ? C’est un peu paradoxal !

En agissant ainsi, on pointe directement les dérives de la profession et on alimente le milieu professionnel de l’information dont on se passerait bien. On construit une image du métier totalement erronée et dénuée d’intérêt ! Lorsque vous vous retrouverez face à un recruteur, pensez à cela ! comment lui donner une bonne image du métier, et comment amener dans l’entretien la maturité que vous possédez pour le poste. Vous êtes jeune ? restez sur les bases du métier et sur ce qu’on vous a enseigné, et ne rentrez pas dans une forme de communication qui n’est pas maitrisée.

La problématique du manque de maturité

C’est un constat qui se vérifie de plus en plus; les jeunes aiment pour beaucoup dépasser le rôle de leur métier.

Certains veulent faire parler d’eux avant de défendre les intérêts des structures dans lesquelles ils évoluent… on veut créer du buzz avant d’en maitriser les contours. On se risque à publier des contenus ou des tweets salaces, auxquels un vrai communicant n’oserait même pas penser. Où va t-on ? Et les relayeurs de ces informations n’ont pas trouvé mieux que de mettre ces dérives sur un piédestal. Le pire à mon sens, est d’être un community manager et de cautionner ces actes. On peut intelligemment en débattre, trouver une raison à ces dérives aussi minimes peuvent-elles êtres dans la pensée des gens… mais si on diffuse innocemment tout ces travers, demain on aura droit à quoi ?

On peut bien entendu émettre des opinions, et c’est même la voie à recommander pour montrer comment et où on se positionne. On peut aussi écrire dessus pour en ressortir une étude comportementale ou un bilan de ce qui se passe dans les coulisses d’une structure. Est-ce l’initiative du community manager de diffuser des énormités, ou est-ce une directive ? Si c’est une directive, vous prenez néanmoins la responsabilité de rattacher un écart de langage, à un nom : le vôtre ! Si vous communiquez votre nom sur les réseaux sociaux, le recoupement est rapide pour les recruteurs.

Community-Manager-Laurent-Bour

Si on venait à parler de e-reputation dans tout cela, je doute très fortement que ces pratiques ne deviennent des atouts pour certains profils. Ils sont en poste aujourd’hui, ils jouent un peu les trublions du net… et s’ils doivent demain rechercher un autre poste, j’espère qu’ils n’auront pas à se justifier ou à faire face à leurs propres pratiques. Premièrement parce qu’une candidature pourra ne pas être retenue, et deuxièmement si ça devait refaire surface lors d’un entretien, il faudrait s’y préparer avec une véritable explication solide. Quel était votre rôle et celui de votre structure ? Agissiez-vous comme un executant ou preniez-vous des responsabilités non mesurées ?

Le malaise de certains recruteurs

La position du recruteur dans tout cela est assez délicate. Certains se feront rapidement une idée et écarteront d’emblée les jeunes profils susceptibles de dériver. Je ne veux pas forcément dire non plus que c’est un problème de jeunesse, mais aussi d’identité qui est assez prononcé chez eux. Ça peut paraitre un peu hâtif comme jugement mais c’est du vécu ! Lorsqu’une société vous fait part du désir de s’orienter vers des profils plus matures, et avec une expérience stratégique solide comme base, c’est annonciateur d’un malaise. Si vous creusez et que vous en demandez la raison, vous serez surpris comme moi d’entendre que le malaise, est est le reflet direct d’une dérive de communication au sein des réseaux sociaux. Je n’en ferai pas la publicité ici en ce qui me concerne, car il me semble que beaucoup ont communiqué sur ces sujets ces dernières semaines.

N’oubliez jamais qu’un recruteur à pour indicateur, une présence sur les réseaux sociaux. Il analysera votre attitude, vos échanges, votre veille, votre contenu… etc, en somme tout ce qu’il considèrera comme informations pertinentes pour coller à la vision du poste ou de la mission proposée.

En conclusion

Ne disons pas que la situation est dramatique, loin de là. Cependant il faut savoir en tant que relayeur d’informations, qu’il est parfois inutile de faire la presse des jeunes community managers au langage impropre à la communication online. On peut en rire dans sa barbe, mais à partir du moment où vous véhiculer ces infos sans en apporter une touche intelligente pour ramener à l’équilibre le community management, vous devenez caution de ces agissements. Pensez à votre job, à votre futur poste, et à la manière dont vous aborderez la communication en entreprise. Faire le buzz c’est bien, mais il peut être fait intelligemment, et avec tout de même une expérience des codes de langage online. En clair on ne s’attaque pas à des pratiques sans une réelle expérience et sans passer par les fondamentaux.

Après chacun est libre bien entendu de faire ce qu’il veut, car tous ne sont pas issus d’un même moule, et donc d’une même éducation. On ne peut empêcher là dérive, mais on peut au moins l’ignorer et ne pas en faire un sacro-saint billet ou la une du tout internet !