Le community manager et le social media manager


Quelles sont les réelles différences entre un social media manager et un community manager ?


Voila un sujet qui a déjà été traité sur le web et certainement plusieurs fois. Cependant il me paraissait opportun de le ramener au premier plan, et d’en faire ressortir les qualités requises premières. L’intérêt étant d’intégrer la francisation du terme community manager, devenu animateur de communauté. Cela semble naturellement parler de soi-même à la lecture d´une définition bien de chez nous… mais est-ce vraiment la finalité de son travail « d’animer » ?

Le community manager ou animateur de communauté

Sans vouloir dresser un portrait qui couvre l’ensemble de ses missions, le community manager à un rôle premier qui a bel et bien trait à la gestion d’une communauté (ou plusieurs). Il a pour rôle de l’animer, et donc de la faire vivre par un apport de contenu et une interaction avec ses membres (des internautes). Rechercher de l’engagement est directement lié à son travail d’animation. C’est autour de ce cœur de métier que ses tâches gravitent, car il y a un ensemble de paramètres à comprendre et à mettre en lumière, pour canaliser son rôle et ne pas en faire un factotum du net.

Nous pouvons d’ores et déjà dire qu’il y a 2 types de community manager; celui qui est en poste au sein d’une entreprise, agence ou n’importe quel autre organisme au sein duquel il sera un salarié. Et à l’opposé l’indépendant, qui lui verra son rôle cadré par l’étendue de ses compétences. On remarquera qu’en indépendant, il a tout intérêt à élargir sa casquette pour des missions qui nécessite un travail en amont de l’animation de communauté, à savoir la partie stratégie et son déploiement sur les réseaux sociaux.

Au sein d’une structure mature au niveau du digital, le community manager est plutôt perçu comme un exécutant. Il se limitera plutôt à de la production de contenu au travers des réseaux sociaux et éventuellement de blogs, mais touchera rarement la partie stratégie, qui elle sera pensée en amont. Attention ! je ne dis pas que c’est systématiquement le cas, car je ne voudrais pas amoindrir ses compétences et voir son champ d’action restreint. Mais force est de constater que si nous prenons un point comme le SEO par exemple, il peut être amené à en user. Ça figure bien sur sa fiche metier, mais le SEO est également lui-même un métier à part entière. C’est ici qu’il faut saisir mes propos quand je différencie des métiers et des rôles/missions.

Le social media manager

Le jour ou je me suis marié, j’ai été bien embêté de trouver un terme francisé à social media manager (pour ceux qui ne sont pas encore mariés, sachez que si le jour arrive on vous demandera votre profession… et il faudra un métier à la consonance bien française pour valider votre acte). Alors ? Animateur de réseaux sociaux, ce qui a peu de choses près ressemble à notre animateur de communauté. D’un côté on parle de ce que le support offre comme moyen d’expression; une communauté ! de l’autre on parle d’un ensemble de supports; les réseaux sociaux ou médias sociaux. Dans le cas du social media manager on se place déjà plus en amont, on a un regard sur les supports comme moyens ou outils au travers desquels on diffuse du contenu. Il y a donc une réflexion à apporter sur le moyen de communiquer sur ces supports, à partir d’une source diffusant de l’information par exemple, comme un blog.

Le social media manager va donc être ici la personne en charge de la stratégie de positionnement via les réseaux sociaux, ou tout au moins venir en appui à un responsable de service communication ou d’un pôle digital. Son rôle à lui n’est pas d’animer ou très peu ! Il à plutôt un rôle de stratège qui se situe à la frontière d’un consultant en interne. Il a également une forte casquette en marketing digital (webmarketing), au travers de laquelle il sera amené à analyser et veiller à l’aide à d’outils dédiés notamment.

Il devra ou sera amener à superviser l’activité d’un ou plusieurs community managers au sein de la structure. Dans le cas ou un social media manager est en place, il y a fort à parier qu’au minimum, un community manager soit présent… a moins que lui-même ne joué le rôle des 2 à la fois. S’il en devient de même que pour le community manager indépendant comme on l’a vu plus-haut… alors quel terme choisir pour coller à la réalité ?

Social media manager ou community manager, voilà un dilemme dans beaucoup d’esprits des acteurs du digital. Rien ne semble pourtant faux dans les termes, mais on rehausse tout de même une compétence chez l’un par rapport à l’autre. J’aurais tendance à dire social media manager pour celui qui à la charge de la stratégie, et community manager pour la partie animation au sein des réseaux sociaux.

Pour finir sur un dernier point et non des moindres, j’en verrai bien certains glisser rapidement vers le social media management. Vous comprendrez pourquoi je dis cela d’ici 2 minutes. Notons également une chose à ne pas négliger et qui reste valable pour nombre de métiers, plus on est spécialisé dans une branche, mieux on maitrise son sujet et donc on négocie mieux…

Le salaire

Le meilleur pour la fin ! Les chiffres présentées ci-dessous, qui m’ont déjà servi pour étayer un article sur le blog du journal du community manager (voir ici) sont tirés du magazine challenges nº334 du 28 février 2013

Le Community Manager

  • Selon Urban Linker, cabinet de recrutement web : « Il doit avoir une bonne qualité d’écoute et des qualités rédactionnelles. Des compétences techniques sont également nécessaires pour gérer l’animation des sites. Il peut être amené à utiliser des outils collaboratifs (newsletters, blog) et les fonctionnalités des réseaux sociaux. Il aura pour objectif d’évoluer vers un rôle de social media manager. »
  • Son salaire : de 24.000 à 35.000 € brut

Le débouché pour le Community Manager : Le Social Media Manager

Le Social Media Manager

  • Le profil d’après l’APEC : Ce poste est ouvert à des personnes confirmées, passionnées par les réseaux sociaux, avec une bonne connaissance des techniques du webmarketing. Elles doivent pouvoir suggérer, voire imposer une stratégie nouvelle en termes de positionnement web au sein de l’entreprise »
  • Le poste : Il doit identifier et suivre les acteurs les plus influents du web et les lieux d’expression incontournables : Blogs, Facebook, Twitter, Linkedin…
  • Objectif : optimiser la visibilité de la marque.
  • Son salaire : 50.000 à 80.000 € brut – Un salaire qui démarre au double de celui d’un community manager.

Ainsi il est clair que le salaire les différencie bel et bien ! Il s’agit donc d’être prudent en terme d’intitulé et de compétences à mettre en avant. Si un community manager indépendant à plus de liberté quant au cadre de ses compétences à faire valoir, il a tout intérêt à développer un profil orienté vers le social media manager. Ça reste un sentiment à partager ou pas ! mais l’aspect stratégique est d’avantage rattaché à son profil plutôt qu’au community manager, même si encore une fois, il peut aussi y travailler. Je reste donc prudent dans les termes, et relativement succinct sur l’ensemble des missions qui sont confiées à l’un comme à l’autre. Je rapporte en partie des éléments de réponses issus de professionnels tout en mettant l’accent sur la réelle différence qui elle se situe au niveau du plan stratégique. Néanmoins c’est aussi au travers de ces quelques ajustements, qu’un community manager peut faire valoir des compétences orientées plutôt vers le social media manager.

Je vous invite à apporter vos propres témoignages et votre vision des 2 métiers.

La journée-type d’un community manager


La journée-type d’un community manager, à quoi pourrait-elle ressembler ?


Il y a certainement beaucoup de monde qui se pose la question, de savoir à quoi ressemble la journée d’un community manager. Par quoi attaque t’il le matin ? quelle est la part de temps que prend sa veille et comment s’organise t’il pour être efficace en un minimum de temps ?

Ce que nous allons écrire ressemblera à un simple menu où s’afficheront par tranches horaires ce a quoi ressemble sa journée. N’oublions pas que le community manager est vite absorbé par le temps, quand il s’agit d’oeuvrer au sein du net. Il doit être organisé et méthodique dans ses taches, et c’est pourquoi il ne peut se passer d’un minimum d’automatisme dans ses diffusions de contenus. Il est vrai que ce n’est pas indispensable, car je sais que beaucoup ne sont pas absolument pas partisan des taches automatisées, mais néanmoins il faut savoir analyser en quoi elle peuvent être un gain de temps pour lui.

Nous prendrons comme amplitude horaire 8h 20h ! juste histoire de montrer qu’il est toujours branché après son job. Attention : cette journée-type n’est en rien exhaustive, elle est juste le reflet rapide et hypothétique de la journée d’un community manager.

  • 8h00 : Le droit au café non ?
  • 8h10 : Installation devant son écran. Petit check et traitement des mails
  • 8h30 : Veille social media. Curation des articles sur ses boards et partage de contenu sur ses réseaux
  • 9h30 : Tour d’horizon des communautés / pages / groupes / comptes Twitter. Check des notifications et réponses aux messages
  • 10h30 : Préparation de contenu et diffusion
  • 12h00 : Partage de contenu sur les réseaux : Facebook, Twitter…
  • 12h30 : Déjeuner – On shoote son repas et on le partage sur Instagram #foodporn
  • 13h30 : Reprise – On prend le café au bureau
  • 13h10 : Nouveau check des mails et des notifications – Traitement
  • 13h30 : Quelques analyses : Taux d’engagement, mots-clés phares, nombre de VU sur blog….
  • 14h30 : Retour sur l’actualité social media du jour – Préparation d’un article de fond
  • 16h30 : Nouveau tour d’horizon des communautés / pages / groupes / comptes Twitter. Check des notifications et réponses aux messages
  • 17h00 : On s’assure de rien avoir oublié sur le planning. On pointe les tâches
  • 17h15 : C’est normalement déjà l’heure du départ – On accorde un peu de temps aux amis sur les réseaux
  • 18h00 : Dernières discussions entre collègues
  • 18h15 : Départ…. 1h30 de trajet
  • 18h30: Dans les transports… On sort son smartphone et on check, on discute (quand il y a du réseau)
  • 19h50 / 20h00 : Arrivée
  • Plusieurs scénarios possibles s’ensuivent…

Le retour à la maison est parfois douloureux, surtout quand on est en couple. Tentez-vous l’œil discret vers le smartphone ou d’allumer votre PC quand il/elle dort ou avant de dormir ? Tout ces points sont source de problèmes conjugaux !

Vous avez eu une journée bien remplie, ne gâchez pas votre vie de famille à cause du net ! profitez de votre femme, votre mari, ami(e), enfant(s)… c’est le moment de lâcher la pression et de décompresser loin des notifications et des méandres des réseaux sociaux. Ne devenez pas addict au point de laisser de côté vos proches.

Une journée-type comme la vôtre, ne devrait pas déborder à votre domicile !

  • 00h00 / 02h00 : iPad, iPhone sont encore allumés sous la couette…..

Voilà ici un petit message de sensibilisation aux addicts qui perdent la notion du temps et de la famille

Le community manager vu par certains recruteurs


Comment le community manager est-il perçu par les recruteurs ?


S’il y a bien une question qui est régulièrement occultée, c’est bien celle-là !

Comment mon futur recruteur perçoit-il le community management, comment le connait-il et est-ce que la structure qu’il gère a une maturité dans le digital ?

Si vous êtes déjà passé par un entretien d’embauche, il est possible que vous ayez eu à faire face à ces interrogations. Votre vision du community management est-elle différente de celle de votre éventuel futur employeur ? Beaucoup de chefs d’entreprises ignorent la réelle mission du community manager, et en quoi consiste exactement son métier dans les grandes lignes. Beaucoup se réfèrent à juste titre aux réseaux sociaux, pour observer les pratiques mais aussi les dérives. Si on considère qu’un bad buzz, qu’une mauvaise pratique répétée, ou qu’un écart de langage se retrouve régulièrement à faire la une des billets des blogs, il y a alors un redressement à faire pour se positionner.

On retient hélas plus facilement les erreurs commises par la profession que les points positifs. Le monde du blogging et du community management eux-mêmes aiment à se faire la une des gros clashs, il en va de la petite bévue qui se relayera plus vite qu’une information pertinente et profonde ! pourquoi agir ainsi ? Pourquoi est-ce qu’un community manager n’hésitera pas à relayer ce que son confrère fait mal ? C’est un peu paradoxal !

En agissant ainsi, on pointe directement les dérives de la profession et on alimente le milieu professionnel de l’information dont on se passerait bien. On construit une image du métier totalement erronée et dénuée d’intérêt ! Lorsque vous vous retrouverez face à un recruteur, pensez à cela ! comment lui donner une bonne image du métier, et comment amener dans l’entretien la maturité que vous possédez pour le poste. Vous êtes jeune ? restez sur les bases du métier et sur ce qu’on vous a enseigné, et ne rentrez pas dans une forme de communication qui n’est pas maitrisée.

La problématique du manque de maturité

C’est un constat qui se vérifie de plus en plus; les jeunes aiment pour beaucoup dépasser le rôle de leur métier.

Certains veulent faire parler d’eux avant de défendre les intérêts des structures dans lesquelles ils évoluent… on veut créer du buzz avant d’en maitriser les contours. On se risque à publier des contenus ou des tweets salaces, auxquels un vrai communicant n’oserait même pas penser. Où va t-on ? Et les relayeurs de ces informations n’ont pas trouvé mieux que de mettre ces dérives sur un piédestal. Le pire à mon sens, est d’être un community manager et de cautionner ces actes. On peut intelligemment en débattre, trouver une raison à ces dérives aussi minimes peuvent-elles êtres dans la pensée des gens… mais si on diffuse innocemment tout ces travers, demain on aura droit à quoi ?

On peut bien entendu émettre des opinions, et c’est même la voie à recommander pour montrer comment et où on se positionne. On peut aussi écrire dessus pour en ressortir une étude comportementale ou un bilan de ce qui se passe dans les coulisses d’une structure. Est-ce l’initiative du community manager de diffuser des énormités, ou est-ce une directive ? Si c’est une directive, vous prenez néanmoins la responsabilité de rattacher un écart de langage, à un nom : le vôtre ! Si vous communiquez votre nom sur les réseaux sociaux, le recoupement est rapide pour les recruteurs.

Community-Manager-Laurent-Bour

Si on venait à parler de e-reputation dans tout cela, je doute très fortement que ces pratiques ne deviennent des atouts pour certains profils. Ils sont en poste aujourd’hui, ils jouent un peu les trublions du net… et s’ils doivent demain rechercher un autre poste, j’espère qu’ils n’auront pas à se justifier ou à faire face à leurs propres pratiques. Premièrement parce qu’une candidature pourra ne pas être retenue, et deuxièmement si ça devait refaire surface lors d’un entretien, il faudrait s’y préparer avec une véritable explication solide. Quel était votre rôle et celui de votre structure ? Agissiez-vous comme un executant ou preniez-vous des responsabilités non mesurées ?

Le malaise de certains recruteurs

La position du recruteur dans tout cela est assez délicate. Certains se feront rapidement une idée et écarteront d’emblée les jeunes profils susceptibles de dériver. Je ne veux pas forcément dire non plus que c’est un problème de jeunesse, mais aussi d’identité qui est assez prononcé chez eux. Ça peut paraitre un peu hâtif comme jugement mais c’est du vécu ! Lorsqu’une société vous fait part du désir de s’orienter vers des profils plus matures, et avec une expérience stratégique solide comme base, c’est annonciateur d’un malaise. Si vous creusez et que vous en demandez la raison, vous serez surpris comme moi d’entendre que le malaise, est est le reflet direct d’une dérive de communication au sein des réseaux sociaux. Je n’en ferai pas la publicité ici en ce qui me concerne, car il me semble que beaucoup ont communiqué sur ces sujets ces dernières semaines.

N’oubliez jamais qu’un recruteur à pour indicateur, une présence sur les réseaux sociaux. Il analysera votre attitude, vos échanges, votre veille, votre contenu… etc, en somme tout ce qu’il considèrera comme informations pertinentes pour coller à la vision du poste ou de la mission proposée.

En conclusion

Ne disons pas que la situation est dramatique, loin de là. Cependant il faut savoir en tant que relayeur d’informations, qu’il est parfois inutile de faire la presse des jeunes community managers au langage impropre à la communication online. On peut en rire dans sa barbe, mais à partir du moment où vous véhiculer ces infos sans en apporter une touche intelligente pour ramener à l’équilibre le community management, vous devenez caution de ces agissements. Pensez à votre job, à votre futur poste, et à la manière dont vous aborderez la communication en entreprise. Faire le buzz c’est bien, mais il peut être fait intelligemment, et avec tout de même une expérience des codes de langage online. En clair on ne s’attaque pas à des pratiques sans une réelle expérience et sans passer par les fondamentaux.

Après chacun est libre bien entendu de faire ce qu’il veut, car tous ne sont pas issus d’un même moule, et donc d’une même éducation. On ne peut empêcher là dérive, mais on peut au moins l’ignorer et ne pas en faire un sacro-saint billet ou la une du tout internet !